Les promesses de l’été - Champagne Philipponnat

Les promesses de l’été

Rencontre avec Teddy Gérard, responsable vignoble

Les promesses de l’été - Champagne Philipponnat

L’été s’est installé sur le vignoble champenois avec des températures particulièrement élevées. Comment la vigne réagit-elle à ces conditions ? Quels sont les enjeux des prochaines semaines ?

Teddy Gérard, responsable vignoble de la Maison Philipponnat, partage ses observations sur une campagne aussi prometteuse qu’exigeante.

 

Teddy, quel regard portez-vous sur cette année viticole à l’approche de l’été ?

« C’est une année encore une fois surprenante. Après un mois de janvier peu ensoleillé, un mois de février doux et humide puis un printemps chaud et sec, nous avons observé une floraison historiquement précoce et rapide. Cette avance est portée à une douzaine de jours par rapport à la moyenne décennale. Aujourd’hui, nous connaissons des températures particulièrement élevées, parfois soudaines, qui nous obligent à nous adapter sans cesse. »

 

Ces fortes chaleurs sont-elles préoccupantes pour la vigne ?

« Il est encore un peu tôt pour mesurer précisément leur impact, mais nous restons attentifs. Les réserves hydriques n’étaient pas totalement rechargées avant le début de la campagne. Nous avons ce privilège que le vignoble Philipponnat bénéficie majoritairement de sols crayeux qui constituent un formidable réservoir naturel d’eau. Malgré cela, des épisodes de chaleur intense peuvent provoquer des phénomènes d’échaudage ou de brûlure sur les raisins qui sont actuellement en phase de grossissement. »

 

Tous les terroirs de la Maison réagissent-ils de la même manière ?

« Non, chaque parcelle possède ses propres caractéristiques. Le Clos des Goisses, par exemple, est naturellement plus exposé en raison de son orientation plein sud. Son exceptionnelle exposition contribue à la maturité des raisins mais accentue aussi les effets des fortes chaleurs. Au Léon, les sols sont plus argileux et frais, avec un sous-sol plus humide et friable, permettant aux racines d’aller chercher l’eau plus profondément. Les réactions sont donc différentes selon les terroirs. »

 

Le changement climatique vous conduit-il à faire évoluer vos pratiques ?

« Clairement. Il y a quelques années, nous aurions cherché à maintenir les sols totalement nus. Aujourd’hui, nous conservons davantage de couverture végétale afin de protéger les sols du rayonnement solaire. Nous limitons également les rognages pour préserver un feuillage protecteur autour des grappes. Cette surface foliaire joue un rôle essentiel pour protéger les raisins et assurer la pérennité de la vigne. »

 

La biodiversité occupe également une place croissante dans le vignoble. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

« Depuis l’année dernière, nous avons engagé un important travail de redynamisation paysagère, notamment au Clos des Goisses. Nous avons planté de la lavande, des rosiers et différents végétaux favorables aux insectes pollinisateurs. Aujourd’hui, nous observons un écosystème toujours dynamique avec de nombreuses espèces d’abeilles, de bourdons et d’autres auxiliaires. Au-delà de l’aspect environnemental, cela participe aussi à la beauté du vignoble que nous avons à cœur de partager avec nos visiteurs. »

 

Comment résumeriez-vous cet été en quelques mots ?

« Je parlerai d’un été hâtif spectaculaire. Personne n’imaginait, en début de saison, connaître de telles chaleurs, d’autant plus qu’elles surviennent brutalement après les périodes fraîches que nous avons connues au début des mois de mai et de juin. D’un côté, les conditions de floraison ont été particulièrement bonnes et le vignoble est aujourd’hui très sain. De l’autre, les températures deviennent parfois excessives. Comme souvent en viticulture, tout est affaire d’équilibre. »